lundi 14 mai 2012

Transsibérien 4: Irkoutsk

   Le 22 avril 2012, dans le train entre Krasnoïarsk et Irkoutsk,

   Jusqu’à présent j'ai très peu parlé du train, étant donné que nous n'avons pas vraiment rencontré des personnes intéressantes. Je citerais seulement des jeunes d'environ 16 ans qui nous prenaient pour des imbéciles en nous demandant si l'on connaissait Poutine et un maniaco-dépressif ivre qui a passé la nuit à injurier une femme imaginaire et à refaire nos lits pendant que nous dormions parce que le moindre bout de drap qui dépassait le dérangeait... Je ne peux pas dire que je ne m'y attendais pas mais j'en ai eu la confirmation, les rencontres que l'ont fait à bord du Transsibérien ne sont pas seulement chaleureuses. En outre, ce matin là, en entendant parler des Françaises d'en face, j'ai tout de suite senti que ces gars là étaient ni des ivrognes, ni des fous. Et 1 heure après, nous dévorions des blini (crêpes) fait maison, avec du lait concentré sucré (typiquement russe!) acheté spécialement pour nous au moment où la femme du wagon restaurant faisait sa tournée. Nous avons énormément rit, et bien parlé avec Genia et Alekseï. Pour moi, le Transsibérien, celui dont j’entends parler depuis des années, c'est ça!

   Pour l'anecdote, nous nous sommes arrêté en gare de "Zima", ce qui veut dire "hiver" en russe. Jusque la rien de  spectaculaire...


    Mais sur la photo suivante, tout est déjà blanc... comme neige...


   Le 23 avril 2012, à Irkoutsk,

   Nous voila donc à Irkoutsk, peut être la ville que j'attendais avec le plus d'impatience, sous une neige très lourde. Rien qu'en faisant quelques pas, nous avions les pieds mouillés. Au bout d'un moment, nous nous sommes donc mis à la recherche de bottes en caoutchouc, ce qui nous vaudra par la suite les moqueries de beaucoup de Russes. On était peut être loin de représenter comme il se doit l'image de la mode à Paris, mais il s'est avéré que les Russes portent encore plus d'attention à leur façon de s'habiller. "Chez nous, on ne se ballade pas en bottes en caoutchouc comme ça...", dixit Nikolaï, rencontré plus tard dans le train. Désolée à tou(te)s les Français(es) qui se battent pour être reconnus comme les plus élégants dans le monde entier...

 

   Mais malgrè ses mauvais cotés, la neige donne aussi un certain charme à la ville...



 

   Il y a là des tonnes de belles églises qui doivent vraiment être adorables au soleil et des rues plutôt agréables, mais avoir le nez qui coule sans cesse, les pieds gelés et le moral à zéro, ça fatigue... Lysiane m'a offert des caramels, je suis reparti au quart de tour pour aller voir la plus belle église de Russie!


   Le 24 avril 2012, à Irkoutsk et sur le bord du lac Baïkal,

    Ça y est j'ai vu le lac Baïkal! Après une heure de marshrutka (mini-bus taxi inconfortable, spécialité russe assez difficile à définir...), nous avons enfin débouché sur les berges du lac.

 

   Accueillies par un vent glacial, nous nous sommes bien trop vite réfugiés dans les boutiques souvenirs. D'ailleurs, bien que nous étions les seuls touristes dans ce petit village, des tonnes de stand de souvenirs étaient ouverts...


   Nous avons ensuite mangé des chachlik (brochettes) dans un petit snack lui aussi déserté des touristes et après quelques photos, sommes retourné à Irkoutsk. 




dimanche 13 mai 2012

Transsibérien 3: Krasnoiarsk

   Le 20 avril 2012, à Krasnoïarsk,

    Je ne sais pas du tout comment on s'est débrouillé pour oublier de réserver l'hotel à Krasnoïarsk, mais on l'a fait... On a donc passé l'après-midi à chercher une solution avant de trouver un appartement en location. Au final, j'ai dormi sur un vieux divan sale sans draps, mais je ne peux m'en prendre qu'à moi même... Demain sera surement une meilleure journée...

   Le 21 avril 2012, à Krasnoïarsk,

   Effectivement, la journée a été bien meilleure (si on ne compte pas la première heure à éponger le liquide vaisselle qui s'est ouvert dans mon sac, je crains d'être transformé en soirée mousse à la première averse...). Nous avons quitté la ville et cela m'a fait un bien fou. Non loin de Krasnoïarsk se trouve une petite station d'hiver, où les castors sont énormes!


    En observant les chalets en bois en face de la rivière, je me suis dit que ces petits propriétaires devaient être bien heureux...
 

   D'ici nous avons pris le téléphérique jusqu'en haut de la montagne (enfin, eux ils appellent ça une montagne, mais pour une enfant des Alpes, c'est plutôt une colline...) et même si le beau temps n'était pas encore tout à fait rétablie, l'air pur et l'horizon y étaient.



   Il est interdit de couper du bois! Lysiane a tout de suite pensé que je ferais un super bucheron... Je sais toujours pas si j'aurais du le prendre mal ou pas... Mais j'ai joué le jeu!


   Le meilleur restait à venir, en haut des pistes, une yourte servait de salon de thé. Ce thé accompagné de ses loukoum fait maison resteront à jamais gravé dans ma mémoire...

 

   Un petit calin avec le loup avant de dire au revoir à cette belle petite station, avec juste le regret de ne pas avoir fait de luge d'été pour des raisons économiques... 

  

Transsibérien 2: Novossibirsk

   Le 18 avril 2012, dans le train entre Ekaterinbourg et Novossibirsk,

   "Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu'il emploie avec nous. Qui donne le meilleur reçoit le meilleur". 

   Le paysage a déjà bien changé. Les longues plaines infinies noircies à certains endroits par le feu ont remplacé les forêts de bouleaux. Mais ces derniers luttent pour garder une petite place, laissant un peu d'espoir dans ce paysage chaotique... Et lorsque le train atteint la périphérie de notre ville de destination, rien n'est fait pour nous rassurer. Des gens errent parmi les déchets, une bière à la main... Plus loin, les grues effrayantes du port projettent leurs ombres diaboliques sur des carcasses de bateaux abandonnés... Puis le chauffeur de taxi, après nous avoir assuré qu'il connaissait la route, nous perd dans la ville avant de comprendre que notre rue se trouve à l'autre bout. Tout ça sous une triste pluie, autant dire que nous étions ravies de trouver l’hôtel!

   Le 19 avril 2012, à Novossibirsk,

   Nous avons commencé notre journée relativement tard mais avons quand même eu le temps de faire beaucoup de choses. En commençant par la visite incontournable du musée des Études locales (chaque ville de Russie a son musée des Études locales, présentant toujours la même chose: l'histoire, la Nature, la géographie, l'industrie et tous les aspects importants de la région). 

   Alex et Lysiane n'aimant pas l'art, je suis parti avec Alma faire le plein de peinture. Après le musée d'Art de la ville, j'étais dans un état euphorique à peine tenable quand nous avons visité le musée Roerich. La petite douche froide que j'ai prise en apprenant que tous les tableaux exposés étaient des copies n'a pas suffit à me calmer, j'ai dévalisé la boutique et acheté 25 mini calendriers illustrés des tableaux de Roerich... La vendeuse m'a fait remarqué que tous les calendriers dataient de 2011, mais qu'importe!


   Roerich n'était pas seulement un excellent peintre mais aussi un grand homme, ayant fait beaucoup d'actions pour la paix dans le monde. Et même si cela ne prouve pas mes dires, il y a même la cloche de la paix à l'entrée de son musée.


   J'ai visité rapidement la cathédrale Alexandre Nevski (je ne compte plus le nombre d'églises que j'ai visité cette année, et j’admets que je m'attarde rarement, à moins que celle ci soit vraiment particulière...).


   Puis nous sommes reparti toutes ensemble pour aller voir le zoo de Novossibirsk. Rien n'a changé depuis mon enfance, j'ai toujours autant de mal à supporter de voir ces animaux sauvages en captivité. Même les chameaux en perdent leurs bosses...


    Mais il est déjà temps de reprendre le train. Sur le quai de la gare, une locomotive rouge et noire flambante (soit dit en passant très peu représentative des trains en fonction) a attiré un couple de mariés en pleine séance photo. 

lundi 7 mai 2012

Transsibérien 1: Ekaterinbourg


Le 15 avril 2012, à bord du Transsibérien entre Moscou et Ekaterinbourg

   "Les théoriciens de l'écologie prônent la décroissance. Puisque nous ne pouvons continuer à viser une croissance infinie dans un monde aux ressources raréfiées, nous devrions ralentir nos rythmes de vie, simplifier nos existences, revoir à la baisse nos exigences. On peut accepter ces changements de plein gré. Demain, les crises économiques nous les imposeront". Arrêtant de temps en temps la lecture du livre de Sylvain Tesson pour suivre la conversation des filles, j'en profitais pour observer le paysage qui défilait derrière la fenêtre. La terre, bien qu'encore recouverte de quelques taches de neige, dévoilait déjà l'herbe brunie par la rigueur de l'hiver...


   Mais je ne pouvais m'empêcher de délaisser ce spectacle un brin monotone pour replonger mon nez "Dans les forêts de Sibérie". L'histoire vraie d'un homme qui quitta femme et travail pour aller chercher la solitude du lac Baïkal, cette légendaire étendue d'eau que je m’apprêtais à découvrir...

Le 16 avril 2012, à Ekaterinbourg
   Aussitôt les affaires posées à l’hôtel, nous étions prêtes pour partir à l'aventure. Ah non, le brushing de l'une, le maquillage de l'autre et ça y est nos miss sont prêtes. Mais la standardiste nous retient à son tour, elle imprime nos passeports à un régime de 4 pages par heure...  Quand enfin elle nous rend tous les documents nécessaires pour se promener dans la rue en Russie, on file directement vers l'église sur le Sang Versé, construit à l'endroit exact où a eu lieu l'assassinat du dernier tsar de Russie, Nicolas II, ainsi que de toute sa famille. Lysiane, initiatrice de notre périple, s'intéresse énormément à cette partie de l'Histoire, et j'en apprend bien plus que ce que j’espérais, avec en prime la visite du musée de la famille impériale pour compléter mes connaissances. Après les avoir éxécuté, les bolcheviks ont ensuite aspergés les corps d'acide,les ont brulés et démembrés à quelques kilomètres de la ville. Un monastère, dont je vous reparlerais bientôt, a été dressée dans la forêt où se sont déroulés ses actes barbares.
   

   Rien d'étonnant lorsque l'on aperçoit en plein milieu du centre ville une statue géante de Lénine, puisque chaque ville de Russie a la sienne. 

 

   Mais ça semble déjà un peu plus paradoxal quand on tombe nez à nez sur la statue de Streltsov en face de l'Université d'Ekaterinbourg construit par Nicolas II, assassiné par Streltsov lui même...


   Mais qu'importe, le soleil est au rendez vous et on en oublierait presque les horreurs du passé. Cette ville a même un charme certain, avec ses toilettes transformées en boutiques et ses rues piétonnes parsemées de toutes sortes de sculptures.



Le 17 avril 2012, à Ekaterinbourg et aux alentours

   Dur de se réveiller très tôt mais cela valait le coup. Nous avons pris un train pour Shouvakish, village dont la forêt abrite un monastère dont je vous aie déjà parlé. Au fin fond de ce bois de bouleaux et de pins, ce lieu est un paradis terrestre, avec ses oiseaux gais, ses rondins de bois et ses coupoles dorées...



   Ici, même les mésanges semblent rendre hommage à la mémoire des Romanov...

jeudi 3 mai 2012

En attendant de vous revoir...


   Je rentre de mon périple à travers la Russie des images plein la tête... J'ai donc tant de choses à raconter qu'il va me falloir quelques temps pour poster l'article. Alors en attendant la prochaine publication, je vous livre simplement la preuve que j'ai fait le Transsibérien pour ceux qui douteraient de moi: une photo de la plaque marquant la fin du Transsibérien à Vladivostok. Le chiffre qui y est gravé correspond au nombre de kilomètres de voie ferré entre Moscou et Vladivostok. A bientot donc!